Le temps d’un message, j’ai envie, de croire aux mirages ! Que le futur ne soit pas que de passage… Qu’en guide il me partage, comment prendre le large. Ma requête énoncée tout haut, son absurdité me frappe… Une claque au visage, pour celle à qui fut promis, une surveillance renforcée ! Je me demande, accoudée au grillage d’un balcon changé en cage, si jamais, je quitterai ces rivages ?
Je voulais lancer à mes amis une tirade, à eux, qui ne connaissent rien de cette rage, de n’être toujours que l’objet de mascarades ! De ces gens qui confondent avoir avec un désir d’amitié, ceux pour qui elle n’est qu’un acte de charité, forcée, par un divin ouvrage !
(extrait pour l’accueil)
Manques et lamentations
I
Le temps d’un message
J’ai envie de croire aux mirages,
Que le futur ne soit pas que de passage,
Qu’en guide il me partage,
Comment prendre le large.
Ma requête énoncée
Tout haut, son absurdité
Me frappe ! Une claque au visage,
Pour qui a été promis une surveillance renforcée,
Je me demande, accoudée au grillage
D’un balcon changé en cage,
Si jamais, je quitterai ces rivages.
Je voulais lancer à mes amis une tirade,
Eux qui ne connaissent rien de cette rage,
De n’être toujours que l’objet de mascarades
De gens confondent avoir pitié
Et désir d’amitié,
Ceux pour qui elle n’est qu’un acte de charité
Forcée par un divin ouvrage.
Si mes mots sont impuissants à crier leur lacheté,
Parce que je suis sage,
Pour eux je me ferais tornade,
Qu’ils voient que mon auto-sabotage,
Les préserve de mes envies de carnage.
Alors que l’air commençait à frémir,
Mon sang à bouillir,
Mon double que j’admire,
M’a dit, « j’ai lu ton message,
Mon amour pour toi, n’est pas un mirage,
Je veux t’inclure dans mon avenir,
Mais pour que ma chaleur puisse te parvenir,
Il faut t’abstenir,
Elle ne saurait sinon te guérir,
Céder à ta pulsion de tout détruire,
Nous forcerait à te voir mourir,
Nous qui pourrions te guider au-delà de l’orage ».
II
Je ne suis qu’une incapable,
Bonne qu’à crier aux autres d’aller au diable
Poussée par la souffrance innommable,
D’un cerveau qui n’est pas fiable,
Tout ce dont je suis capable,
C’est de m’abreuver d’un bonheur non-potable :
Cette joie palpable en solution injectable,
Nourrit mes démons à n’en plus finir.
Je n’ai pas réussi à les bannir,
Alors pourquoi, les proches aimants,
Transformés en démons par mon cerveau dément,
Continuent-ils de m’accueillir ?
Comment mon double arrive-t-il à faire luire,
Les rayons du soleil dans le brouillard de mes délires ?
Pour continuer de vivre,
Je suis heureuse qu’elle ait réussi à me retenir,
D’avoir pu m’abstenir,
Pour garder un abri où fuir,
Quand il me semble trop difficile de vivre.
III
Peu importe la vérité,
De savoir l’après de quand nos émotions ont éclaté,
Les liens se font et se défont.
Je saurais plus tard ce qu’il en est,
Avec le temps resteront les liens profonds,
Je dois aujourd’hui juste me protéger,
Afin que mes sauveurs ne me deviennent jamais étrangers.
Après avoir tout sabordé,
Il ne reste que les yeux pour pleurer…
Et peut être un peu de volonté
Pour redonner un peu de doré,
Aux objets si chers que l’on a ruiné,
Essayer de montrer aux gardiens de mon essence,
Que je peux devenir digne de confiance,
En ne laissant pas les nuisances,
Dicter mon existence.
Assez du manque et des lamentations,
Je vais les laisser me guider vers ma floraison !
Barbara Ferreres
Bébé poète et gribouilleuse de mots.
2023-2025, pour Manque et lamentations
Écrit en décembre 2023 à Mittelhausbergen (67206, Bas-Rhin, Alsace, France)
Photographie : Barbara Ferreres, 2023
Photo prise le 15 Décembre 2023 sur la route entre Oberhausbergen (67205, Bas-Rhin, Alsace, France) et Mittelhausbergen (67206, Bas-Rhin, Alsace, France)
Appareil photo: Fujifilm xs10
Publié en Juillet 2023 à Sainte-Marie-la-Mer (66470, Languedoc-Roussillon, Occitanie, France)
Réécriture et publication le 25 Mars 2025 à Sainte-Marie-la-Mer (66470, Languedoc-Roussillon, Occitanie, France)
Manque et lamentations – le mot de l’autrice.
Manque et lamentations, pour dire quoi ?
Avec Manque et lamentations, j’ai voulu faire un poème sur l’amitié toxique et l’abus de faiblesse des recruteurs religieux, les pertes d’amitiés liées, les troubles de l’humeur et de la paranoïa qui découlent du trouble borderline et de l’addiction aux opiacés de l’autrice, qui doit parfois écouter son « double » (sa soeur) et sa famille pour se sortir de ses pulsions auto-destructrices et de sa consommation pour fleurir. D’où le titre « manque et lamentations ».
Écrit pendant mon errance Alsacienne, pendant une nuit blanche dictée par la poésie et l’amertume de ma chambre de Mittelhausbergen (67206, Bas-Rhin, Alsace, France), j’ai mis en ligne ce texte lors de mon retour à Perpignan, car il fait référence à des événements s’étant déroulés localement. Ou plus précisément Sainte-Marie-la-Mer (66470 – Languedoc Roussillon, Occitanie, France) après un séjour à la clinique psychiatrique du pré à Théza, et un retour raté à mon ancienne vie quotidienne à Montpellier (Héraut, Occitanie, France), où mes seules amis avaient rejoint une église protestante au comportement proche d’une secte (confirmé par un assistant social), et ne me voyaient plus que dans un cadre de conversion ou religieux, par acte de charité chrétienne hypocrite qui a été admis. J’y avais vécu avant d’autres ruptures avec mes amis de lycée et d’université, mon petit ami, et avait une amitié toxique (faute à personne) avec d’autres patients de la clinique qui se battaient eux aussi avec leur ptsd, trauma, trouble borderline, bipolaire et envies suicidaires handicapantes. Tout le monde a été blessé, mais j’ai décidé de garder ce texte et de le remasteriser pour montrer à quel point le « shift » (changement brutal de perception) lié au trouble borderline, l’isolement, et l’addiction aux opiacés, ainsi que l’autisme, le TDAH, bref la neuroatypie et d’autres troubles mentaux (pour certaines des personnes) pouvaient tromper notre perception, nous mettre dans le flou, nous rendre négatif voir auto-destructeurs, mais que cet état d’esprit était aussi toxique pour nous que pour les gens qui nous entourent si aucun protocole n’est mis en place pour gérer les crises.
Ce qui m’a permis de pouvoir tenir assez longtemps pour publier ce texte et avoir un support pour le faire, c’est d’avoir mis en place un protocole avec mes proches qui savent que mon borderline me rend sujette à des crises suffisamment violentes et traumatisantes envers eux pour que je les oublie et m’en traumatise moi-même, mais eux aussi. En parler en toute honnêteté sans culpabiliser et laisser de la place pour que tout le monde puisse s’exprimer, c’est important pour arriver à conserver des liens en ayant un trouble de la personnalité. Même en se faisant soigner, en ayant des anti-psychotiques ou autres médicaments de secours pour calmer les crises destructrices, garder le silence sur le vécu de la personne qui vit son trouble et comment ses proches le ressente empêche, à mon sens, d’établir des règles ou des « protocoles » de gestion qui demandent une implication et une compréhension des deux partis pour limiter les crises et les dommages. J’ai fait beaucoup de mal et perdu beaucoup d’amis en ne sachant pas ce que j’avais donc en n’arrivant pas à le prévenir ni à le gérer. De tels troubles de la personnalité (cluster 2) sont assez durs à diagnostiquer, surtout quand ils apparaissent (comme dans mon cas ou d’autres connaissances) en lien avec un traumatisme assez violent pour générer un trouble post-traumatique (PTSD ou CPTSD chez moi).
De nos voix comme un cri vital – psychiatrisés, handicapés, toxicomanes, créons !
Tout comme mon addiction, j’ai conscience qu’il faut en tant qu’addicts et consommateurs se ressaisir de la narration de notre trouble, aussi bien pour nous-mêmes que pour nos amis, proches, famille, et aidants, mais aussi pour les professionnels du milieu, afin de dépasser les clichés et les idées pré-conçues, partagées parfois comme des organismes que je juge négatifs comme narcotiques anonymes dont je me permettrait de parler dans le blog. L’addiction, la toxicomanie, isolent et causent une souffrance pour nous même et nos proches dont il est difficile de parler. Néanmoins, je pense qu’en essayant de le comprendre comme un symptôme d’une maladie plus large comme c’est parfois le cas, et d’arrêter de stigmatiser, qu’une meilleure prise en charge sera possible, en nous permettant de ne pas avoir à dire adieu à nos familles, amis, emplois.
J’ai conscience que cela ressort maladroitement de ce que j’ai pu écrire, mais je pense que les voix des personnes psychiatrisés, anti-psychiatrie, qui sont passées par les institutions, la marginalisation, sont importantes. Parler de notre souffrance à la première personne, pour ne pas laisser aux valides le monopole, pour ceux qui ont les moyens de le faire, est plus important que nous le pensons. Si l’on m’a déjà dit, qu’on était soulagé de lire ce que je vivais et que nous malades ou différents n’étions pas seuls, pas fous, sauf si comme moi vous vous fichez de votre folie, parce que je sais que pouvoir écrire sur mes troubles et mon addiction à visage découvert est un privilège… J’ai voulu parler de ma souffrance et je dois admettre qu’aujourd’hui je suis assez rétablie pour parler de ce que je perçois avoir fait aux autres, mais je ne pense pas que le discours sur les conséquences sur l’entourage de la personne ne doive totalement être effacé, bien qu’il ne devrait pas consituer la majorité de ce qui est aujourd’hui disponible, contribuant au validisme et aux discriminations que nous subissons.
Je sais que nous ne pouvons pas tous écrire ou que nous ne pensons pas tout avoir quelque chose à dire, mais je suis toujours ouverte pour les zines et autres.
Troubles psys, addictions, faites vous aidez ! Ne restez pas seuls, ou venez en parler.
Si vous avez besoin d’aide de manière urgente, appelez le 15, votre CSAPA local (addictions). Si vous avez besoin de parler ou d’échanger, n’hésitez pas à me contacter ou à vous rendre sur des espaces comme le forum psychoactif. De nombreux comptes instagram, mastodon et bluesky ont aussi pour objectif de dé-stigmatiser le handicap invisible/mental et les maladies/conditions dont nous sommes victimes qui sont encore trop taboues. Si vous le pouvez, parlez, écrivez, dessinez, chantez, composez, nos voix comptent !
La photographie d’illustration par la photographe
Flou artistique feux de voiture à Oberhausbergen (Alsace, Bas-Rhin, 67205)
La période de ma gestation artistique et créatrice en Alsace (littéralement, avec un séjour de neuf mois seulement, malheureusement) a été marquée par la photographie, l’écriture (poétique, surtout), et l’errance, de manière littérale et figurée. J’ai erré dans les rues d’Oberhausbergen, Mittelhausbergen, Pfulgrishiem, Mundolsheim, Strasbourg… J’avoue que j’aime beaucoup cette région, bien que je ne pense pas pouvoir y retourner à cause de ma difficulté à sociabiliser avec les habitants en dehors de mes collocations, et du prix des loyers… J’en ai marre de ne plus avoir de chez moi. Cela dit, ça me brise le coeur, car je trouvais tout tellement beau que malgré la difficulté à faire soigner mon addiction aux opiacés, mes troubles et crises ingérables et mes problèmes d’emploi, c’est vraiment un des séjours loin de chez moi que j’ai préféré – je ne sais pas si je pourrais un jour vraiment savourer le sud « occitanie » et du bord de mer autrement qu’en tant que vacancières. À l’époque je me définissais totalement dans le flou (c’est d’ailleurs l’époque où j’ai lancée ce blog) et je trouve qu’elle représente bien cela. Si je n’avais pas déambulé pendant des heures sur ce chemin, comme sur beaucoup d’autres lieux que j’ai hanté par mon errance, je ne suis pas sûre que j’aurais pu retrouver que le cliché avait été pris à Oberhausbergen ou Mittelhausbergen. Ce sont des villages adorables dans lesquels j’aurais adoré m’installer.
Pendant que tombe la pluie, je continuerai de chanter.
Barbara Ferreres – Tombelapluie
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